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«Je me sentais aimée quand j'étais frappée»

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Anonymou
Invité




MessageSujet: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 21 Nov - 0:58

"Elle a dix ans environ. Il lui manque quelques dents. Elle sourit face à la caméra. Elle parle d’une bosse. Elle est «tombée dans le métro». Elle ne veut pas dire quand elle a «boudé pour la dernière fois»: «c’est ma vie privée», se défend-elle. On comprend qu’elle est passe un casting. C’est une enfant. Ces images, on les retrouve tout au long du film de la comédienne Maïwenn. Un récit autobiogaphique –et bidouillé– sur sa famille. Sur son père qui la battait. Le film s’appelle «Pardonnez-moi» (1), il sort en salle mercredi et était présenté lundi après-midi, à Paris, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant.

L’invitation était lancée par Enfance et Partage, une association qui protège et accompagne les enfants maltraités depuis 30 ans. Dans la salle, beaucoup de professionnels: des avocats, des psy… réunis pour un débat.

Tout le monde prend le film au premier degré. Avec gravité, comme s’il s’agissait d’un dossier de plus. «Il y a dans le film beaucoup d’élements qu’on retrouve souvent dans notre pratique: la résilience, l’isolement de Maïwenn, qui est la seule de la fratrie à subir des violences, son ami qui ne la croit pas, la mère qui a laissé faire, elle qui protège son père», commente une représentante d’Enfance et partage. On ne parle pas d’une œuvre cinématographique. On décrypte une histoire familiale. Dans le film, Maïwenn joue son rôle. Elle brandit une petite caméra comme une arme. «Un outil», dira une thérapeute dans la salle. Elle est enceinte, et se confronte à sa famille. Elle dit chercher «la vérité», elle veut entendre son père lui demander pardon. Sa psychanalyste lui conseille de pardonner à son tour, de lâcher prise. Dans le public, un militant d’une association s’en émeut: «la psy dit qu’il faut pardonner et que vous avez réussi à trouver une énergie grâce à voter père. C’est un renversement dangereux, de dire que d’un mal sort un bien.!» Dominique Frémy, pédopsychiatre hospitalier, analyse: «Le plus important n’est pas le pardon. Mais la reconnaissance des faits». Dans le film, les sœurs de Maïwenn découvrent l’ampleur des violences exercées contre elle, et elle seule. «Souvent la fratrie ne sait pas ce qui se passe. La violence s’exerce secrètement», poursuit Dominique Frémy. «Mes frères et sœurs ne pouvaient rien faire, ils étaient désemparés, déchirés entre l’amour qu’ils avaient pour leur père et le mien». Là, c’est Maïwenn à nouveau qui parle de sa vie, qui vole la vedette à son héroïne, prénommée Violette.

Elle dit «les victimes», «les bourreaux», ou «les monstres». Personne ne semble gêné de ces catégories. Et celles-ci n’ont pas toujours existé: «j’ai mis du temps à comprende que ce n’était pas normal. Je me sentais aimée quand j’étais frappée», confie l’actrice. Enfant, ces mots ne voulaient rien dire. Maïwenn a elle même une fille âgée de 14 ans. «J’ai parfois été violente verbalement avec elle, pour des broutilles. Puis, je me suis rendue compte que j’étais jalouse de sa chance de ne pas être frappée» confie Maïwenn. Dans la salle, une psy souffle: «elle est courageuse de dire ça.» Des femmes se lèvent pour la remercier. Son père n’a pas encore vu le film.

(1) avec Maïwenn, Pascal Greggory, Aurélien Recoing, Hélène de Fougerolles, Marie-France Pisier, Mélanie Thierry, Marie-SophieL., Yannick Soulier."

Souce : http://www.liberation.fr/actualite/societe/218257.FR.php


Amitiés
Ingrid
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Admin Marie-do
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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 21 Nov - 8:12

Bonjour Very Happy

Peut-être que le plus difficile consiste à comprendre le sens du pardon.

Nous avons tous vécu des moments où d'autres personnes ont été pour nous une cause de souffrance. Ces violences peuvent prendre des formes multiples : verbales, physiques, émotionnelles, sexuelles… Il ne peut en aucun cas être question de les accepter, de les nier, de les oublier, de les excuser ou de renoncer à une juste réparation.

Cependant si, consciemment ou inconsciemment, nous ressentons encore envers leurs auteurs de la colère ou de la haine, nous sommes sous la tyrannie du passé. Chaque fois que nous repensons à ces actes, nous les revivons dans notre esprit, nous en sommes de nouveau les victimes, nous nous infligeons les mêmes souffrances sans que cela ne nous soulage, ne nous protège, ni même ne punisse la personne qui nous a blessé.

Le pardon nous apaise. Tout en nous laissant conserver le souvenir de ce qui s'est passé et les apprentissages qui y sont liés, il nous permet de mieux vivre le présent et de mieux nous préparer à l'avenir. L'incapacité à pardonner est un poison pour l'esprit ; elle est à la base d'innombrables problèmes psychologiques, et notamment de la plupart des dépressions ; elle empêche tout réel développement psychologique ou spirituel. Le savoir-pardonner nous affranchit de l'esclavage de la colère et nous rend la responsabilité sur nos vies.

Pardonner n'est pas un acte qui se décide. Il ne suffit pas de vouloir pardonner. Mais pardonner n'est pas non plus quelque chose que l'on attend passivement. Même s'il implique une bonne part de lâcher prise, le pardon peut s'apprendre et se préparer.

Pardonner à l'autre et ...se pardonner aussi I love you


bisous
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Anonymou
Invité




MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 21 Nov - 10:35

Hello Marie-do

Ce qui m'a marquée surtout dans cette histoire c'est cette relation entre elle et son père, cet "amour" (?) dont elle parle.

Parfois, c'est malheureusement mieux que rien.

Amitiés
Ingrid
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Admin Marie-do
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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 21 Nov - 11:59

C'est vrai Ingrid I love you ce "plutôt ça que rien
est terrible Crying or Very sad

Il faut beaucoup de temps pour se reconstruire...


bisous
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Dame nait




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 21 Nov - 21:24

Il est fort cet article.

Tu as vu le film Ingrid ?

Sur le pardon, Marie-Do... on en a souvent parlé... pour moi le pardon c'est un truc en plus, comme la guérison... il y a tout un parcours à faire avant Wink

Ami
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Anonymou
Invité




MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mer 22 Nov - 0:10

Hello Dame Naît

Pour te répondre, je n'ai pas vu le film, mais j'aimerais bien aller le voir.

Amitiés
Ingrid

Ami
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Lilas




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Lun 1 Jan - 14:04

Intérressant la notion de pardon.

Je doute que tout soit pardonnable.
Pour pardonner, il faut déjà que l'autre demande pardon avec sincérité, la petite fille de 10 ans ne peut pas pardonner à son père si lui ne considère n'avoir rien à se reprocher.

Je ne comprends pas bien, Marie-Do, lorsque tu dis que pardonner n'est pas accepter mais signifie de ne pas s'infliger les mêmes souffrances, calmer sa colère et sa haine. Comment est-ce possible de lâcher cette pression si l'on accepte pas le comportement ? Si on comprend les raisons qui ont poussées un humain a avoir des comportements qui dépassent l'éthique, c'est qu'on l'accepte non?
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madilou




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 0:06

Il me semble qu'il existe une assez grande différence entre comprendre et accepter ... ah ! ma vilaine habitude de triturer les mots ! et un exemple de plus sur la difficulté de "se comprendre" Embarassed
amitié,
madilou
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mi




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 2:19

Pardonner n'est, à mon avis, ni accepter, ni comprendre.
C'est passer à autre chose…

Je reste intimement convaincue que le pardon de se demande pas !

Le pardon "qui se demande" ressemblerait à une 'courbette', marque d'une éducation 'connotée'…

L'autre, celui qui me semble porteur de ressourcement, est, "par don", "à soi" et par là-même à l'autre (le rapport incontournable), puisqu’il s'agit, essentiellement, de se réparer d'une blessure qui nous a atteint en profondeur. Alors comment la soigner cette blessure ? … La couvrir et la laisser suppurer ? La rouvrir constamment ?
Ou lui donner de l'air ?


Il n'y serait pas non plus question de fuite, de négation, d'oubli…

Ce n'est pas simple à exprimer !


Dernière édition par le Mar 2 Jan - 3:11, édité 1 fois
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Lilas




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 3:11

Effectivement je ne comprends pas.

Je ne vois pas comment cela est possible en passant à autre chose, pour moi c'est comme enfouir, faire du déni, ça ne pourra jamais se pardonner car ça n'est pas compris, l'auteur n'a pas de regrets, n'essaie pas de montrer qu'il a fait des erreurs, alors c'est comme si son acte était légitime, ce que la "victime" ne peut pas accepter, ni comprendre.

Je pense tjrs à cette petite fille de 10 ans frappée par son père, comment peut-elle pardonner si son père se sent le droit de la frapper ? C'est inhumain comme pratique, l'enfant ne pourra pas passer à autre chose, le sentiment de salissure restera intact jusqu'à ce que son père regrette (c'est ça que j'entends par demander pardon).
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mi




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 3:15

Ce que je veux exprimer c'est que l'autre est dans sa "forteresse" (déni, fuite, inconscience, …), et qu'il se peut qu'il n'en sorte pas. Dans ce cas le lui faire admettre peut te prendre toute ton énergie.

Dans 'l'histoire', ce n'est pas la petite fille de dix ans qui pardonne.
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pothieu




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 9:26

C'est pour cette raison que la condamnation par la justice est si important en cas de délit.

L'expression de regrets d'une personne n'implique absolument pas le pardon d'une autre. Il y a confusion là.

Le pardon est quelque chose de personnel, qui n'a rien à voir avec ce qui se voit Wink
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Admin Marie-do
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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 9:55

Une condamnation par la justice est un premier pas pour
une réparation, justement parce que l'acte et la souffrance
endurée sont reconnus. La victime retrouve ainsi une part de
sa dignité, du respect auquel elle a droit.
Et puis, il y a des choses impardonnables : des actes extrêmes
impossible à comprendre, encore moins à pardonner parce
qu'ils restent inhumains : torture, viol, génocide par exemple.

Nous ne pouvons pas entendre le pardon (lorsqu'il est accessible)
comme un oubli mais comme un apaisement d'une blessure, une
forme de détachement de ce qui nous a fait souffrir pour puiser
en soi la force vive d'aller de l'avant, débarrassés de la colère,
voire de la haine et du désir de vengeance.
C'est comme un "renversement" intérieur, une lame de fond qui
balaierait la souffrance liée à l'acte.

L'implication de l'autre et ses remords peuvent aider au pardon
mais il me semble qu'il ne se suffit pas à lui seul.

Pour accepter sans doute est-il utile de comprendre, pourtant
comme Madilou je pense que comprendre et accepter ne marchent
pas toujours de pair Wink nous pouvons comprendre sans accepter :
il s'agit de 2 étapes différentes et complémentaires. Parfois nous
n'avons pas d'autre choix que d'accepter sans comprendre.

bisous
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Dernière édition par le Mar 2 Jan - 12:21, édité 2 fois
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pothieu




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 12:00

Tout à fait heureux
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Lilas




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MessageSujet: Re: «Je me sentais aimée quand j'étais frappée»   Mar 2 Jan - 13:52

Comprendre sans accepter ... Alors c'est que l'on comprend mal .... Embarassed

Cela m'est arrivé d'avoir cru comprendre... L'acceptation n'ayant pas suivi, je me suis rendue à l'évidence "non, je ne comprends toujours pas!".
Comprendre qu'une personne peut agir sous l'inconscience n'est pas suffisant pour comprendre son acte, si malgré ses moments de lucidité ultérieurs, il ne remet jamais en question son acte.
On peut comprendre le début de l'histoire sans accepter, d'accord mais si on comprend toute l'histoire, alors on ne peut qu'accepter et pardonner.
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